Un sacré bout de chemin

Claude McKAY

 

De la Jamaïque à Harlem, de Marseille à Tanger, en passant par Londres, Moscou ou Paris, Claude McKay revient sur les années les plus prolifiques de son parcours d’écrivain (1918-1934). Celles qui ont notamment vu naître Banjo et Romance in Marseille. À contre-courant des mouvements de son époque, son itinéraire et son expérience — ponctués par des rencontres avec Bernard Shaw, Sylvia Pankhurst, Trotski, Lamine Senghor, Max Eastman Charlie Chaplin ou Isadora Duncan — en font un témoin privilégié de l’histoire politique et culturelle de son temps et façonnent une identité diasporique singulière qui influencera plus tard les poètes de la Négritude. 

Œuvre complexe et puissante qui retrace l’errance d’un libre-penseur noir dans un monde blanc, Un sacré bout de chemin surprend par la modernité de son discours, mettant en exergue la critique du rejet et du racisme, jamais dupe devant le racisme ordinaire des élites blanches de la gauche européenne ou l’élitisme de l’intelligentsia noire de la Renaissance de Harlem.

Claude McKay est un électron libre, un personnage complexe et fascinant. Voyageur infatigable, il est l’écrivain vagabond et sans frontières de la Renaissance de Harlem. Se décrivant comme poète, il est journaliste à New York et à Londres et coudoie la presse d’extrême gauche ; à Moscou, il joue au porte-parole révolutionnaire sans jamais totalement adhérer au communisme ; Marseille et Tanger consacrent le romancier, McKay s’y faisant le chroniqueur de la question raciale, abordant la place des populations noires sous un angle social et non communautariste. Sa trajectoire singulière en fait un «vagabond avec but» qui interroge la perception des cultures noires dans la société occidentale et préfigure une deuxième partie de XXe siècle marquée par l’exil, l’immigration des populations noires et la décolonisation.

L'auteur

Né en 1889 en Jamaïque, Claude McKay est l’auteur de recueils de poésie et de romans, parmi lesquels Home to Harlem (1928), Banjo (1929) et Romance in Marseille (publié de manière posthume en 2020). Il est considéré comme l’un des écrivains les plus emblématiques mais aussi les plus marginaux de la Renaissance de Harlem, reconnu pour son intense engagement à exprimer les défis et les problématiques auxquels sont confrontés les Noirs aux Etats-Unis et en Europe. Personnage complexe et fascinant, il publie son autobiographie, A long way from home en 1937. Claude McKay est mort en 1948 à Chicago.

Couverture de Carlos Lopez Chirivella

De nombreuses archives

Héliotropismes s’est emparé de la traduction de Michel Fabre, d’abord publiée par André Dimanche et devenue introuvable. Après un travail de révision et de correction, la maison d’édition a travaillé sur des contenus d’archives (photos, poèmes, lettres ou articles) pour accompagner la lecture. En plus de la postface originale du traducteur, une préface de Claudine Raynaud complète l’appareil critique.